Qu’est-ce qu’un rituel ?

Le dictionnaire dit qu’est “rendu rituel, ce qui est codifié par des rites”. Une façon de s’organiser, avec des petites habitudes de vie, répétées devient rituel, derrière lequel, il y a toujours une intention éducative, d’apprentissage et/ou d’enseignement. Grâce à ces petites habitudes, les parents, les proches de l’enfant, les professionnels de la petite enfance (comme les assistantes maternelles ou les instits), apportent un modèle, transmettent une culture, développent une appartenance à un groupe social (famille, crèche, classe…). Tout le monde respectant les façons de faire de chacun.

Les points qui caractérisent un rituel

  • Un rituel est une activité ou une tâche devenue habituelle parce qu’elle est effectuée très régulièrement,
  • Il y a toujours une répétition soit de gestes, soit de paroles, ou encore de codes mis en place,
  • Ce sont des habitudes qui, même si elles peuvent évoluer avec le temps, restent des repères sûrs,
  • Un rituel peut être considéré comme une contrainte claire, des règles simples et respectées par tous.

A quoi servent les rituels ?

  • Les rituels sont particulièrement utiles, et cela pour plusieurs raisons : d’abord, parce qu’ils contribuent à rassurer l’enfant. Déjà vers 2 mois, certains bébés, peuvent avoir du mal à s’endormir à cause de difficultés au niveau tonus : hyper ou hypo tonicité, reflux importants. Pour parvenir à s’endormir, ces bébés vont devoir être portés, enveloppés… Prendre bébé dans les bras ou le positionner correctement devient alors une forme de rituel avant chaque coucher.
  • Les rituels apportent une stabilité, et très vite un plus d’autonomie grâce à la répétition des actions et des activités. Ce qui peut paraître une contrainte au départ, forte parce qu’obligatoire, contribue à mieux structurer l’enfant. Le petit rituel doit être court, et rester le même, et réalisé par un adulte référent pour que l’enfant puisse s’appuyer sur la relation et non pas que sur le rituel. Lorsqu’un rituel est bien mis en place, l’enfant peut rapidement faire tout seul. Juste un bémol, si on n’y fait pas attention, le rituel peut se transformer en routine, à nous d’y ajouter un sourire, ou le petit mot du jour qui amuse !
  • Les petits enfants n’ont pas encore la notion du temps, aussi les rituels peuvent les aider à garder quelques repères, s’ils se déroulent dans le même ordre. Ils peuvent sembler être comme une transition entre les phases « chez maman et papa, chez la nounou, à la crèche ou ailleurs. »
  • Les rituels sont directement liés aux apprentissages fondamentaux parce que grâce à eux l’enfant acquiert beaucoup de savoir et de savoir-faire. Pour cela, ils se doivent d’être des moments répétitifs. Ils se déroulent tous les jours, voire plusieurs fois par jour et toujours de la même manière durant les 4 premières années du petit. C’est la raison pour laquelle les lieux d’accueil et de garde d’enfants, comme la crèche ou la maternelle, les assistantes maternelles, travaillent cette question du rituel.

Plusieurs exemples de rituels

  • Parlons des débuts de journée parce qu’ils sont bien rythmés par de nombreux rituels. Tout se fait souvent dans le même ordre, entre le réveil, comment se passe-t-il ? Le petit déjeuner, papa qui regarde tous les matins la météo juste avant, puis c’est la douche, le temps est comme chronométré et plus facile à maîtriser grâce aux rituels, aux gestes habituels, chacun sait ce qu’il doit faire et quand. Ces rituels sont les activités « sas » auxquelles l’enfant est habitué, il est rassuré de comprendre que chacun, même lui, se prépare pour partir au travail, chez la nounou, à la crèche ou à l’école.

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  • Autre exemple : les rituels le soir avant le coucher qui sont aussi utilisés chez la nounou ou en crèche, avant de dormir en journée. Ils sont utiles quelques soient les lieux parce qu’ils sécurisent l’enfant : chanter une comptine, raconter à voix basse une petite histoire, faire le bisou à doudou, pour certains petits, il suffit de donner tétine ou doudou…cette fonction de sécurisation est effective vers les 6-8 mois de l’enfant, lorsqu’il réalise que son corps est distinct de celui de sa maman. Avant de s’endormir il a peur que la personne qui s’occupe de lui ne soit plus là au moment de son réveil. Françoise Dolto a écrit “Deux conditions sont nécessaires pour favoriser l’endormissement : le calme (des histoires du soir calmes en évitant les sujets angoissants ou excitants), et la sécurité (grâce aux rituels, l’enfant sait ce qui vient, ce qui suit une étape).”

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  • Ces activités du matin comme du soir, sont des rituels qui lient les parents et les enfants dans des activités communes, celles de la famille. L’enfant reconnait ce moment de séparation, un relais va se passer entre la Famille et la Nounou (la crèche ou l’école). C’est-à-dire d’autres lieux différents où l’enfant va y vivre sa journée et apprendre à se comporter avec d’autres. C’est pour cela que les rituels sont fortement liés à la socialisation. L’enfant en présence d’autres enfants doit faire la même chose qu’eux pendant un temps donné. Et les rituels mis en place sont alors plus associés à la notion de groupe. Le petit peut se confronter à d’autres tout en se sentant en sécurité.
  • Les temps en famille font aussi parties des rituels : se retrouver à Noël, ou à des fêtes, pour les anniversaires, ou en été pour quelques jours de vacances. Passer le dimanche après-midi, à jouer ou faire une ballade ensemble avec ses parents, les grands-parents les oncles et tantes ou amis proches etc…. Ce sont bien des rituels familiaux tout cela !

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L’enfant perçoit que les rythmes de la vie en famille, ceux de la vie à l’école ou chez la nounou sont différents, et c’est la même chose pour les rituels. Même s’ils sont différents d’un lieu à un autre, cela n’a pas vraiment d’importance parce que l’enfant garde des points de repères et il sait bien quand il est chez maman et papa !

Tout ceci permet à l’enfant de gagner en autonomie, mais que se passe-t-il si un enfant grandit sans rituel ?

Le manque de rituels contribuant à moins de sécurité, l’enfant qui n’aurait pas fait l’apprentissage des relations sociales, pourrait exprimer moins d’émotions et plus d’agressivité. Sans rituels familiaux, et le sentiment de filiation, cet enfant pourrait rencontrer plus de difficultés dans la construction de son identité.

Tous ces rituels sont essentiels

Certains professionnels mettent en garde parce que trop de routines imposées risquent de faire perdre le but de toute éducation du jeune enfant qui a besoin d’un minimum d’espace de liberté pour agir et se réaliser. Les mêmes rituels peuvent être perçus différemment d’un enfant à un autre. S’il est souple, il restera bénéfique, s’il est trop rigide, il se transforme en contrainte et devient problématique.

Le neuropsychiatre et psychanalyste Boris CyrulniK dit par exemple que “les rituels familiaux inscrivent l’enfant dans une filiation et cela est sécurisant pour lui. Vers 30 mois, à l’apparition du langage, le petit apprend l’histoire de sa famille, et sa culture. Dans sa famille, on mange de telle manière, on prie de telle manière, on lit une histoire avant de se coucher…” Les rituels familiaux ont du sens, ils font partie de son histoire. L’ensemble de tous ces rituels introduit la filiation, et lui signifient qu’il appartient à cette famille, et à cette culture. “Tous ces rituels sont essentiels, ils s’appuient sur les coutumes de la génération précédente et ils permettent de scander le temps et de le structurer. Le rituel aide à la construction de l’identité.”

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